Ce voyage en solo qui a changé ma vie !

Ce voyage en solo qui a changé ma vie !

Un voyage en solo ? Moi ? Je suis bien trop couillonne pour ça ! Enfin, c’est ce que je pensais jusqu’à ce que cela devienne une grande nécessité.

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Mon quotidien était devenu trop lourd

Il y a quelques années de cela, j’ai vécu une période difficile. En proie à la fatigue et à des problèmes familiaux, je me sentais dépérir. Mon énergie était sombre… je ne souriais plus. Je me sentais enfermée dans un quotidien lourd duquel je n’arrivais plus à m’évader.

Avec le recul, je vois oh combien je laissais l’extérieur dicter ma vie ! À quel point, je vivais comme une victime ! Et en même temps, je ne regrette rien, car cette expérience m’a permis de parcourir un magnifique chemin.

Et aujourd’hui, peu importe ce qui m’arrive à l’extérieur, je sais que ce n’est plus lui qui définit qui je suis ou comment je me sens, mais bien moi et rien que moi !

Je suis passée du mode victime au mode responsable. Je me suis remise au centre de ma vie et ma vie d’aujourd’hui rayonne de joie.

Un besoin irrépressible de partir

Mais revenons un instant à cette période sombre.

Je me sentais totalement partir à la dérive et je ressentais au fond de moi, le besoin vital et irrépressible de partir seule !

Était-ce de la fuite ? Je me suis posé la question bien sûr ! Et je suis arrivée à la conclusion suivante : s’il s’agissait de fuite, j’aurais opté pour la facilité ! Pour un week-end avec une amie ou une de mes sœurs par exemple. J’aurais cherché quelque chose pour me changer les idées, pour éviter de réfléchir ! Or là, je souhaitais partir en solo ! Je souhaitais partir pour mieux me retrouver !

Aurais-je pu “me retrouver” sans partir ? Peut-être, mais avec le recul, je ne pense pas que l’expérience aurait été aussi révélatrice. Je ne savais pas trop ce que ce voyage en solo allait m’offrir, mais je savais juste qu’il fallait que je le fasse et que ce n’était pas de la fuite.

J’avais peur de partir seule

Répondre à ce besoin était très challengeant pour moi. En plus de la peur de partir seule (ce que je n’avais jamais fait auparavant), cela signifiait aussi ne plus être disponible pour mes enfants! Et en même temps, étais-je vraiment disponible dans l’état dans lequel j’étais ?

Courageusement, je pris donc la décision de partir 3 semaines ! L’organisation de ce voyage en solo s’est fait dans la douleur de laisser mes enfants et dans la peur que je me perde, qu’il m’arrive quelque chose, que ça ne se passe pas bien, etc. Mais en même temps, il y avait ce besoin criant, irrépressible et vital au-dessus duquel je ne pouvais pas passer.

N’ayant pas de boulot à ce moment-là, cela fut assez facile de bloquer 3 semaines dans mon agenda. Par contre, comme au niveau financier c’était compliqué, il fallait que je voyage à budget très réduit.

Mon voyage en solo

C’est comme ça que, après quelques recherches sur le net, j’ai trouvé un endroit qui correspondait à mes attentes : en pleine nature, proche de départs de randonnée et bon marché.

c’est donc à Sougraigne, à la Belle verte de l’Aude que j’ai décidé de déposer mes valises. Certes, le confort de la chambre était sommaire et la salle de bain à partager, mais au vu de mon budget, j’étais heureuse d’avoir trouvé cet endroit.

Objectif : me retrouver

Et puis, l’objectif de mon voyage en solo n’était pas de m’enfermer à l’intérieur d’un bâtiment, de faire bronzette sur la plage, de me baigner dans une piscine ou de faire du tourisme!

Non, je voulais m’immerger tous les jours dans la nature et dans les montagnes environnantes afin d’y laisser ma tristesse et ma colère et de revenir en pleine forme. Alors du moment que je me sentais en sécurité dans mon lieu de résidence, le reste m’importait peu.

L’inconfort des premiers jours

Les premières soirées que j’ai passé dans ma chambre, je me suis sentie seule et je me rappelle avoir douté de mon choix de partir.

Il m’a fallu quelques jours, voire 1 semaine pour m’habituer à mon nouvel environnement. Maryse et Raymond, les responsables de la Belle Verte de l’Aude, m’ont véritablement pris sous leurs ailes et encore aujourd’hui, je garde un merveilleux souvenir et je ressens énormément de gratitude pour tout ce qu’ils ont fait pour moi à cette époque-là.

Perdue et anxieuse, la seule idée de partir me balader seule dans la montagne me plongeait dans de l’effroi. Et pourtant, je sentais qu’il fallait que je le fasse, c’était mon pèlerinage. 

Mon pèlerinage

C’est ainsi que, quelques jours après mon arrivée, j’ai pris la décision de partir tous les jours sur les sentiers des montagnes avoisinantes.

D’abord accompagnée par 2 personnes rencontrées sur place, j’ai vite pris le relais de me plonger dans la nature avec comme seule aide, un sac à dos et une carte approximative que de toute façon, je savais à peine lire !

Je me vois encore bondir à chaque bruissement de feuilles, marcher vite quand j’entendais les chasseurs au loin et craindre les sangliers. J’étais tenaillée par la peur tout en ayant besoin de l’affronter.

Je ne me rappelle pas avoir fait une balade sans me tromper de chemin mais ce que je me rappelle par contre, c’est que tous ces moments de peurs cités plus hauts se sont, au fur et à mesure, alternés avec des moments de reconnexion à moi.

Tout doucement, au fil de mes balades, de mes rencontres et du soutien quotidien de Maryse et Raymond, je sentais que la vie re-circulait en moi.

Le jour où le bouchon a sauté

Et puis, il y a eu une balade pas comme les autres. C’était en plein après-midi, du côté de Rennes-le-château.

Le parking de la ville était le point de départ de cette balade qui ne devait initialement faire qu’environ 10 km et qui s’est terminée en rando de 16 km ! Je m’étais bien plantée cette fois-là !

Ce jour-là, alors que la balade commençait sous le soleil, l’orage s’est mis à gronder et le vent s’est mis à souffler subitement alors que j’étais sur la ligne de crête d’une montagne.

Je ne sais pas si c’est la même chose pour toi, mais les temps orageux ont sur moi un effet double : d’un côté, j’adore voir les éléments se déchainer et d’un autre côté, j’ai peur de la foudre et du grondement du tonnerre.

Et puis, pendant les temps orageux, je me sens comme une pile électrique et l’émotion que je vis à ce moment-là est décuplée.

Voilà pourquoi, pendant que le vent me déstabilisait et que la pluie tombait en grosses trombes, je me suis surprise à hurler. Peut-être poussée par la peur de l’orage, je ne sais plus, mais je me rappelle que le premier cri fut libérateur et qu’ensuite, j’ai hurlé ma colère à m’en rompre la voix. Les éléments se déchainaient à l’extérieur tout comme à l’intérieur.

Ma marche elle-même était devenue colère. Elle s’accélérait à tel point que la rapidité de mes pas faisait battre mon cœur dans mes tempes et que je n’avais plus de souffle.

Mon visage, quant à lui, était celui de quelqu’un qui partait en guerre. J’avais les yeux noirs de ténèbres et la mâchoire serrée. Je laissais s’exprimer la colère au travers de tout mon être. Elle avait besoin de sortir et moi j’avais besoin qu’elle sorte… sur ce coup-là, on était d’accord elle et moi. 

Par contre, je ne faisais plus du tout attention au chemin que j’empruntais jusqu’au moment où je me suis retrouvée à flanc de falaise ! C’est à ce moment-là que je me suis rendue compte que je m’étais perdue et que j’ignorais jusqu’au sentier que je venais d’emprunter !

C’est à ce moment-là également que j’ai levé la tête au ciel, que j’ai écarté les bras et que j’ai invoqué le ciel de me nettoyer de tout ce mal qui me rongeait. Je suis restée un instant immobile dans cet posture avant de reprendre ma route (enfin… de retrouver mon chemin). La tempête s’est calmée, la pluie s’est arrêtée et c’est sous le soleil couchant que je suis revenue à mon point de départ… épuisée !  

Ce jour-là, fut le jour où le bouchon à sauter avec la même fougue d’un bouchon de champagne. Et les randonnées qui ont suivi m’ont permis de continuer ce travail de nettoyage.

J’ai encore hurlé et marché rapidement pour sortir des émotions de colères, de peurs, de tristesse… et ensuite, j’ai senti mon rythme ralentir. Ces libérations émotionnelles ont laissé de la place à de plus en plus de calme et, au fur et à mesure des jours et des chemins que j’empruntais, j’ai commencé à m’offrir des moments de contemplation.

Je m’arrêtais pour regarder la nature, j’humais l’air frais du matin, celui de la montagne ou des champs que je traversais.

Je contemplais les insectes qui s’activaient, je croquais quelques bais de genévrier ou d’argousier que je croisais, etc. Mon regard s’était ouvert !

Je revenais doucement dans “l’ici et maintenant”, à l’intérieur de moi tout en étant au contact de la nature qui m’entourait.

Lorsque je suis rentrée de ce voyage en solo, j’ai serré mes enfants dans mes bras et je leur promis d’être heureuse…

Ce voyage, seule avec moi, m’a permit de braver mes peurs et de me purger de nombreuses émotions refoulées.

Je suis rentrée plus forte et mon niveau de confiance en moi et en la vie avait très clairement évolué.

Partir seule était un gros challenge. À ce moment-là, j’avais nourri l’envie de partir sur les chemins de Compostelle en itinérance, mais cela était beaucoup trop challengeant pour moi. J’ai donc opté pour cette version de voyage en solo qui me challengeait sans me mettre dans un espace de flip total.

Ce que je retiens de cette expérience

  • Partir ne veut pas toujours dire fuir.
  • Si le besoin de partir est présent, il y a toujours la possibilité d’adapter son voyage selon ses peurs et son budget.
  • Le voyage en solo est une formidable expérience qui, au-delà de nous faire rencontrer des personnes extraordinaires, nous permet également de nous rencontrer nous-mêmes.
  • La nature a une réelle vertu thérapeutique

Et en écrivant cet article, je me rends compte que, depuis cette expérience, je ne me suis plus offert d’immersion seule en pleine nature, hormis quelques balades rapides ayant pour but de me dégourdir les jambes !

En effet, je propose chaque fois à quelqu’un de m’accompagner pour partir en randonnée. Certes, il y a un plaisir fou et une belle richesse à partager ces moments avec quelqu’un, mais l’écriture de cet article me rappelle aussi à quel point je suis aussi nourrie quand je pars quelques heures au cœur même de la nature avec pour seule compagnie… moi-même !

Et toi ? Es-tu déjà parti en solo ? Si oui, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

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