OSER demande du courage

OSER demande du courage

« Oser » fait trembler, « oser » est inconfortable, « oser » demande du courage.

Et parfois, il suffit d’une histoire pour oser faire ce dont on a envie au plus profond de soi.

Samedi dernier, ma fille est venue me voir en me disant qu’elle ne voulait pas participer à sa compétition d’athlétisme. Je sentais bien que la raison à cela n’était pas une véritable non-envie, mais une peur.

Plutôt que de lui demander si elle avait peur, j’ai préféré lui raconter une histoire.

Il était une fois

« maman, je n’ai pas envie de faire ma compétition d’athlétisme, je suis nulle et il va y avoir du monde ! »

« Écoute, je vais te raconter une histoire. C’est l’histoire de 2 amis basketteurs. On va en nommer un “Fred”, comment pourrait-on appeler le deuxième ? »

« Alfred »

« OK, va pour Alfred ».

Une histoire pour se donner le courage d’oser

Fred et Alfred adorent le basket. Ils rêvent tous les 2 de devenir de grands champions. Un jour, les 2 amis décident de s’organiser une petite compétition de basket. Une compet rien qu’entre eux 2. Même si c’est juste pour le plaisir, ils en parlent autour d’eux et invitent leurs copains à venir les supporter.

Le jour de la compétition arrive. En plus des amis de Fred et ceux d’Alfred, d’autres personnes qui se baladaient dans le coin se sont arrêtées. Parmi elles, un ancien champion de basket devenu entraineur réputé.

Les 2 copains se regardent avec consternation. Ils ne s’attendaient pas à voir autant de monde et encore moins un champion dans le public. Le stress commence à les envahir.

Le monde attirant le monde, il y’a à présent 50 personnes qui les regardent. Fred et Alfred se sentent totalement stressés.

Avant de commencer, ils décident de s’échauffer en mettant des paniers.

Fred commence. Il se positionne face au panier dans la zone des 2 points et fait rebondir le ballon quelquefois. Le brouhaha du public laisse place au bruit de la balle qui frappe le sol.

Après quelques rebonds, Fred prend le ballon dans ses mains et ferme les yeux. Son cœur bat très fort dans sa poitrine. Il prend 3 grandes respirations, ouvre les yeux et lance le ballon… Panier !
Un tonnerre d’applaudissements rompt le silence.

Fred recommence à plusieurs reprises. Chacun de ses essais est victorieux et le public l’applaudit à chaque fois.

Après 10 minutes, Fred passe le ballon à Alfred pour qu’il s’échauffe à son tour.

Alfred trotte sur toute la longueur du terrain tout en driblant. Il court lentement d’abord, puis plus rapidement ensuite tout en essayant d’accorder le ballon à sa course.
Il s’arrête au centre du terrain, prend le ballon dans ses mains et le lance en direction du panier… Raté !

Dans le public, les avis sont partagés. Certains rient, d’autres se contentent d’un « oooooh », d’autres encore applaudissent l’essai et puis il y a ceux qui s’amusent d’un « tu es nul » et ceux qui l’encouragent à recommencer.

Alfred fait une grimace et sent son cœur se serrer. Il n’aime pas ce qu’il entend.
Il ferme les yeux, prend une grande inspiration et se connecte quelques secondes à son rêve de devenir champion de basket. Il ouvre les yeux, drible tout en courant sur quelques mètres, fait demi-tour, revient au centre du terrain et recommence son essai… Encore raté !


Il recommence encore et encore jusqu’à ce que le ballon traverse le panier sans même toucher le filet.

Un tonnerre d’applaudissements émane du public et Alfred laisse s’échapper un « YES » de satisfaction.

Alfred lance quelques autres paniers du milieu du terrain et marque à chaque fois.

Il reste quelques minutes d’échauffement et Alfred décide de reculer de quelques mètres. Le panier est vraiment loin à présent, mais il essaie quand même de le viser. Alfred échoue plusieurs fois d’affilée et dans le public, il entend : « Tu n’y arriveras jamais » « Pour qui tu te prends ? », mais aussi « vas-y, tu peux le faire » « Recommence, on est avec toi ».

Alfred, ferme les yeux, fais monter son désir d’être champion jusque dans son cœur, ouvre les yeux et vise. Panier !

L’entrainement prend fin et Fred et Alfred s’accordent 5 minutes afin de s’éponger et boire un peu d’eau.

Dialogue entre ma fille et moi

« À ton avis, qui va remporter la compétition ? »

« Alfred »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il a réussi à mettre des paniers de plus loin »

« Pourtant, il a raté plus que Fred ? »

« Oui, mais après, il a réussi »

« Du coup, à ton avis, qui a le plus de chance de réaliser son rêve de devenir basketteur professionnel ? »

« Alfred »

« Pourquoi pas Fred ? Il a super envie aussi ? »

« Ben je ne sais pas moi parce qu’Alfred il sait faire plus de choses ! »

« Tu veux que je te raconte ce qu’il s’est passé ? »

« Oui. »

Fin de l’histoire

Fred a eu tellement peur que les autres se moquent de lui, il a eu tellement peur de rater devant autant de monde, qu’il a préféré mettre des paniers qu’il était sûr de réussir. Lorsque les gens ont commencé à l’applaudir, sa crainte d’échouer a augmenté en même temps que la fierté qu’il ressentait. Il a donc choisi de passer son échauffement à faire ce qu’il maitrisait parfaitement. Fred était concentré sur les réactions du public, sur ce qu’il pensait de lui, sur leurs applaudissements. Il se disait à l’intérieur de lui qu’il devait absolument réussir pour qu’on l’aime et l’acclame.

Alfred lui, était concentré sur son rêve. Il se disait à l’intérieur de lui que c’était l’occasion de tout donner, peu importe les regards et les critiques du public. Lorsque, à son premier essai raté, les gens ont commencé à rire, il a eu mal au cœur bien sûr, mais c’est à ce moment précis qu’il a fermé les yeux et qu’il s’est dit : « Rira bien qui rira le dernier, c’est gens-là ne me connaissent pas et moi je ne les connais pas. Ils peuvent rire tant qu’ils veulent, mais moi, je veux réaliser mon rêve, je deviendrai un champion et ça commence maintenant. »

En effet, Alfred gagne la compétition et en plus, l’entraineur réputé est venu le voir et lui a dit : « Bonjour jeune homme, je t’ai observé durant un petit temps. Je pense que tu as de belles qualités pour devenir un grand champion. Tu as du courage, de la volonté et de la persévérance. J’ai vu que tu avais peur, j’ai vu que le public t’a impressionné, j’ai vu que tu as été touché par les critiques et pourtant tu as tenu bon. Bien sûr, tu as encore de la technique à apprendre et de gros progrès à faire, mais j’aime ton état d’esprit de champion et je voudrais que tu rejoignes mon équipe de basket junior ».

Alfred n’en croit pas ses oreilles… Il vient d’être recruté par un entraineur réputé. Des larmes de bonheur coulent sur ses joues.

Il jette un coup d’œil rapide vers son ami Fred et demande ensuite à l’entraineur : « Est-ce que Fred peut venir aussi ? C’est un excellent joueur ! »

L’entraineur répond : « C’est peut-être un excellent joueur, mais cela ne suffit pas. Tu sais, dans la compétition comme dans la vie, le but n’est pas de faire toujours ce que l’on sait faire, mais de s’améliorer. Et pour cela, il faut avoir du courage. Regarde-toi, cela n’a pas été facile de rater devant tout ce monde. Tu as manqué plus de paniers que ton ami lors de ton échauffement et pourtant, tu te sens beaucoup plus fier de toi et beaucoup plus heureux que lui ne l’est, car tu as osé.

Alfred remercie l’entraineur et se dirige vers son ami. Fred était déçu, mais fairplay et il félicite Alfred.

« Félicitations, mon pote, tu as bien mérité ta victoire. Si seulement j’avais osé, mais, avec ce monde, j’ai flippé. Comment as-tu fait ? »

« Je me suis concentré sur mon rêve et pas sur le public, car c’est ce qui était le plus important pour moi. »

La magie du storytelling

« Maman ? »

« Oui ma puce ? »

« Quand est-ce que l’on va chercher mes spikes au magasin ? »

Et dans un sourire, sans rien ajouter de plus, je lui répondis :

« cette semaine »

2 choses à retenir

Il me tenait à cœur de te partager cette petite tranche de vie pour 2 raisons.

  • La première pour te donner le petit truc qui peut faire la différence quand tu sens que ta peur de faire ou de dire quelque chose te gagne. Dans ce cas-là, ferme les yeux et connecte-toi à ce qui est le plus important pour toi. Connecte-toi à — pourquoi tu dois absolument faire ce que tu as envie ? Même si cela te fait trembler.
  • La deuxième raison est la suivante : si tu as envie de faire passer un message à quelqu’un, le storytelling est un excellent moyen. Ma fille ne s’est pas braquée. À l’inverse, elle s’est laissé embarquer par l’histoire que je lui racontais tout en s’identifiant aux personnages. De manière indirecte et très ludique, elle a changé sa façon de voir les choses et est passée de l’état d’esprit de Fred à celui d’Alfred.

Une décision qui trouve son origine dans la peur n’est pas une bonne décision. La bonne décision est celle qui vient du cœur, malgré la peur.

CHERCHEUSE DE BONHEUR

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